Lors des 8es de finale de la Coupe Gambardella, Damien Le Tallec a inscrit la bagatelle de cinq buts lors d'un succès très large du Stade Rennais (9-0) face à Santes (Nord). Quelques heures, plus tard, le jeune attaquant rennais savoure mais sans en retirer de gloriole particulière. « J'ai déjà marqué huit buts lors d'un match en 15 ans DH. En mettre cinq en Gambardella, ça confirme. C'est bien. »
Il est comme ça le « p'tit » Le Tallec. De prime abord, on pourrait croire que du haut de ses dix-sept ans, le gamin est déjà blasé. Et peut-être même qu'il a chopé la grosse tête. Le melon comme on dit dans le football. Mais au fil des minutes, ce sentiment s'estompe.
Damien Le Tallec est bien sûr un jeune homme qui a arrêté ses études pour tout miser sur le foot. On peut le regretter. Mais depuis son plus jeune âge, le natif de Poissy (Yvelines) vit dans le foot. Ses deux frères aînés lui ont montré la voie. « Lorsqu'Anthony a effectué ses débuts en pro au Havre à 16 ans et demi, j'étais ramasseur de balles. C'était extra de voir mon grand frère sur la pelouse... La première année, il a joué en L2, puis en L1 dès l'année suivante. »
Son deuxième frère Christophe est lui aussi un très bon footballeur. Jusqu'à la saison dernière, il faisait partie des jeunes espoirs du Stade Rennais. C'est d'ailleurs lui qui a inscrit le but du titre de champion de France des réserves face à Lyon (1-0). « Christophe, c'est plutôt un joueur à vocation défensive alors que moi et Anthony, on est plus offensif. Pour Christophe, le passage à Rennes l'a cassé. Cela ne s'est pas bien passé. »
Les expériences de Christophe et Anthony
A tel point qu'aujourd'hui, à tout juste 20 ans, Christophe Le Tallec a décidé de mettre un terme à sa carrière de footballeur.
Ce n'est pas le cas d'Anthony, le frère aîné, même si sa carrière a elle aussi pris un virage surprenant. À 17 ans, Anthony Le Tallec est recruté par le grand Liverpool. Les Reds étaient alors sous la direction de Gérard Houiller. « Je crois que mon meilleur souvenir, c'est la conférence de presse qui avait été organisée au Havre pour le transfert de mon frère à Liverpool. C'était énorme. »
Damien se souvient d'une petite phrase glissée par Gérard Houiller. « J'ai pris le grand mais je vais aussi prendre les deux autres frères. »
Ce doux rêve, qui a souvent perturbé les nuits du jeune Damien, ne se réalisera pas. Aujourd'hui, après avoir été ralenti par des blessures à répétition, Anthony Le Tallec, qui a connu la Ligue des Champions avec Liverpool, tente de se refaire au Mans. « Quand il va enfin pouvoir effectuer une préparation complète, il va revenir à son meilleur niveau, assure le petit frère en précisant que des trois, c'est Anthony le plus fort. »
A l'étranger ?
Lorsque l'on évoque son avenir, le jeune attaquant n'y va pas par quatre chemins. « Le plus souvent, je me dis que je suis bien ici et qu'il faut prendre le temps pour progresser. À d'autres moments, j'ai très envie d'aller voir à l'étranger. Au Real ou à Tottenham par exemple. »
En attendant, Damien Le Tallec, qui a signé son premier contrat professionnel en août dernier, est lié au Stade Rennais pour deux saisons encore. On peut donc souhaiter voir ce jeune attaquant faire ses débuts en pro sous les couleurs Rouge et Noir. Mais les sollicitations des clubs étrangers pourraient bien finir par l'emporter. « Mon frère me conseille de ne pas partir. On verra bien. D'abord, il faut que je marque des buts en CFA pour espérer jouer en pro. Pour l'instant, je passe mon temps à tirer sur les poteaux ou les barres. » Mais il peut aussi se satisfaire d'autre chose. « Je préfère faire un bon match dans le jeu sans marquer plutôt que d'être mauvais et marquer deux ou trois fois. » Une conclusion sereine pour un garçon qui promet.
Ouest-France
Édition du 02 avril 2008
